Quelques travaux pour aller plus loin

Quelques travaux pour aller plus loin

LE POUVOIR D’AGIR, L’ADN DES CENTRES SOCIAUX

La structuration de démarches participatives concerne donc aussi bien les adhérents que les habitants. Elle doit favoriser les rencontres, les échanges et les actions de citoyenneté permettant ainsi d’entretenir et de renforcer les liens entre les habitants, dynamisant ainsi le tissu social. Ses missions sont définies par la CNAF qui en assure un financement partiel sur des objectifs comme :
Le développement de l’implication collective d’habitants associés, La promotion de la vie associative et l’animation de la concertation locale.

La participation des usagers reste un élément essentiel et fondateur des valeurs fédérales. « Le centre social entend être un foyer d’initiatives porté par des habitants associés, appuyés par des professionnels, capables de définir et de mettre en œuvre un projet de développement social pour l’ensemble de la population d’un territoire ».

Il s’agit d’un équipement de démocratie participative dont la fréquentation est libre et volontaire et où peuvent s’exprimer les habitants et exercer leur citoyenneté dans plusieurs instances :
Au quotidien où les usagers sont concertés sur l’organisation des activités.

  • Dans les comités d’usagers qui déterminent les projets d’actions et d’animations ainsi que le fonctionnement de l’établissement (qui se rapprochent ainsi des conseils à la vie sociale).
  • Au sein des différentes instances d’évaluation du projet où ils sont invités à s’exprimer et à être force de proposition.
  • Dans l’organe politique de l’association où les usagers sont majoritaires au Conseil d’Administration, aux cotés des représentants des institutions partenaires ainsi qu’en Assemblée Générale ordinaire.
  • Au sein de la fédération départementale où ils peuvent poser leur candidature au poste d’administrateur fédéral.
  • Au sein des différents congrès nationaux, assemblées générales où sont adoptés les principes et valeurs fédératrices comme la dignité humaine, la solidarité et la démocratie.

Au cours de leur(s) histoire(s), les centres sociaux ont donc conservé leur valeur fondatrice de participation active des habitants, acteurs de leur quotidien, riche d’engagement militant et bénévole pour construire un projet commun vers un meilleur « vivre ensemble ».
Ils se sont également engagés sur la voie du développement social local (DSL) qui est « une manière de repenser l’action publique à la fois en partant des besoins exprimés par la population du territoire concerné et en définissant avec l’ensemble des partenaires institutionnels un projet global de territoire. Pour assurer les conditions de son succès, le développement social local doit tirer les enseignements des expériences novatrices qui l’ont précédé, notamment la politique de la ville et les projets sociaux de territoire, et se positionner correctement par rapport à d’autres logiques de territorialisation de l’action publique en cours de développement, comme les chartes territoriales de cohésion sociale »*.
Cette participation représente, selon la CNAF, la composante essentielle du centre social. Elle constitue un mode d’apprentissage et d’expression de citoyenneté concrète et effective. La citoyenneté est définie par les droits, les devoirs et les pouvoirs des citoyens (capacité à infléchir les décisions qui les concerne) Elle est facteur de valorisation, de promotion et d’insertion sociale. C’est un vecteur de transformation sociale. Le centre social est un contributeur quotidien à la démocratie participative sur un territoire. Cette participation pour être effective peut prendre des formes diverses. Les habitants peuvent aussi être administrateurs et participer à la gestion de l’association ou aux relations avec les partenaires pour imaginer de nouveaux projets.
Ce qui était depuis longtemps une évidence pour les centres sociaux ainsi que pour les acteurs de l’éducation populaire, est devenu  une injonction législative posée par la loi 2002.2 pour l’ensemble des établissements sociaux et médico-sociaux.

Olivier Oubry, Mémoire CAFDES, EHESP, 2011

*Eric PELISSON, lors du colloque « territoire, action sociale et emploi », 2006